inassouvies nos vies, fatou diome

Inassouvies, nos vies de Fatou Diome

Que dire de ce roman à part qu’il est magnifiquement bien écrit , très réaliste  et qu’il nous invite à analyser quelques pans de notre société. On ne pouvait en espérer moins de Fatou Diome ; qui à travers ce roman nous parle de sujets presque tabous comme la solitude, la guérison intérieure, la mort, l’amitié, les choix conjugaux, la vieillesse. Tout ceci avec quelques touches d’humour parfois ironique et subtil.

En effet, en espionnant son entourage par curiosité , Betty, le personnage principal, ne se doutait pas qu’elle allait plutôt à la quête d’elle-même à travers l’Autre.  Les différents personnages du roman sont à l’image de ceux que nous côtoyons au quotidien. De la vieille Félicité à l »ami »  en passant par la « prof célibattante » et  l’amoureux du 4e étage; tous nous rappellent quelqu’un de notre entourage à travers leur histoire de vie.

C’est un livre qui nous amène à nous interroger sur nos diverses tentatives pour combler des manques et sur nos modes de vies: de l’individu à la société et de la société à l’individu.

J’ai également apprécié la poésie de certains passages de même que la description de certaines scènes qui font référence à la kora. Pour qui a déja entendu jouer de la kora, il est aisé de s’ imaginer l’atmosphère apaisante et de méditation que cela peut procurer.

La chute du roman nous laisse sur notre faim. C’est une fin qui n’en est pas vraiment une mais qui semble être un nouveau départ. C’est peut-être une façon de nous dire: LA VIE CONTINUE et comme l’a dit Conficius:

« Le bonheur n’est pas au sommet de la montagne mais dans la façon de la gravir. »

C’est le genre d’ouvrage qu’il faut relire pour mieux le saisir. Un roman à lire absolument.

Quelques extraits du roman

Vie, trois lettres, pour les trois parts de notre existence : entre le V de vivre et le E de Exister, se dresse, impériale, la colonne, ce I, de l’Inassouvi. Cette césure, dans le mot vie, fend le coeur de l’homme et le fait vaciller, en permanence, entre le vide et le plein, entre le fuyant et le saisissable, entre le doute et l’espoir.

Les bijoux les plus chers sont ceux qui servent le moins, c’est de les savoir dans l’écrin qui rassure

De l’Everest et du Kilimandjaro , on retient toujours le point culminant , nul ne songe à s’émerveiller du diamètre de leur base , ce socle qui les porte aux cieux

Etre heureux, ce n’est pas un don du ciel c’est un talent, celui d’être en route vers nos quêtes; c’est en définitive, la victoire de l’entrain sur le découragement

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