Le nègre et la médaille de Ferdinand Oyono

Le vieux nègre et la médaille de Ferdinand Oyono

Ce classique de la littérature Africaine nous raconte les aventures d’un vieux nègre, Meka qui après de loyaux services rendus à la France a été choisi pour recevoir une médaille de la part du grand Chef. Il  faut tout de même noté que dans cette loyauté, en plus d’être devenu « bon » chrétien, il a surtout perdu ses fils et sa terre.

A bien y réfléchir, il ne s’agit pas d’une décoration sans objectif. C’est bien là , à mon sens, une façon de maintenir les colonisés dans cet esprit de bon serviteur pour qu’ils ne se rebellent pas et continuent de laisser les colons piller leurs ressources. Qui n’aime pas recevoir les honneurs? Cela flatte l’égo.

Ce roman divisé en trois parties présente dans la première partie les habitudes quotidiennes du village de Doum et de ses environs ainsi que l’effervescence qu’a créé l’annonce de la décoration de Meka.

La deuxième partie nous fait vivre la cérémonie de décoration avec Meka qui se trouve entre deux mondes: celui du blanc et le sien. C’est au cours de cette journée du 14 Juillet qui se voulait être festive que l’esprit de Meka s’éveille sur le contraste existant entre les Européens et les Africains

Le matin il recevait sa médaille et avait même eu l’autorisation d’être présent au vin d’honneur organisé. Mais le soir, à l’heure où tous les chats sont gris, ce même blanc, qui lui avait fait croire qu’il était son ami, le malmenait oubliant cette amitié affichée publiquement quelques heures plus tôt.

C’est ce revers de médaille qui fait comprendre à un Meka bafoué et par ricochet à sa communauté que , quelque soit ce qu’ils feraient, le colon ne serait jamais leur ami comme il le prétend. La contradiction entre les propos tenus par les blancs et leurs comportements était palpable et bien réel.

 

 

Il alla tapoter l’épaule du Père Vandermayer, qui le fusilla du regard tout en l’écartant d’un mouvement violent du revers de la main. Meka compètement abasourdi, porta sa main à son menton en ouvrant la bouche comme un poisson. Non, ce n’était pas possible, le Père Vandermayer  ne pouvait lui répondre de cette façon?

 

La troisième partie fait ressortir plus précisément une prise de conscience générale de ce peuple noir face à la domination coloniale.

Qu’est-ce que nous avons dans ce pays?Je vous le demande! Rien! Rien! et même pas la liberté de refuser leur cadeau.

Par ma mère! comment finira le monde avec ces Blancs?

Des scènes cocasses sont présentées tout au long du roman mais ne vous laissez pas vous méprendre. Derrière cet apparent humour et cette fluidité de l’écriture, un tableau subtil des abus coloniaux est peint.  Les questions d’hier demeurent toujours d’actualité et laisse place à la problématique de la réalité des relations entre l’Europe et l’Afrique.

 

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