wangrin

L’étrange destin de Wangrin de Hampaté Bâ

Amadou Hampaté Bâ, le grand défenseur de la tradition orale africaine né au Mali en 1901 et auteur de la citation « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle« , nous livre dans son roman l’étrange destin de Wangrin, l’histoire d’un homme au parcours singulier. Un roman-témoignage sur l’Afrique Occidentale française au début du XXe siècle.

Wangrin est né dans une région située dans le Mali actuel. Ayant été à l’école « otage » , il y apprend couramment le français ce qui à l’époque coloniale lui ouvrait de nombreuses portes. Il a donc été aux contacts d’administrateurs blancs et avait un aperçu sur les différents pillages des ressources qui se déroulait au vu et au su de tous.

L’interprète du « commandant de cercle » à cette époque était une personnalité, moins gradée certes, qu’il fallait mieux avoir de son côté. Conscient de ce statut que lui conférait sa profession, et fort de la finesse de son intelligence, Wangrin , véritable opportuniste, a pu facilement tirer profit grâce à de nombreuses malversations tout en se moquant royalement des différents administrateurs coloniaux et de certains de ses pairs.
Non dépourvu de bonté, il s’enrichissait sur le dos des riches et puissants certes, mais demeurait charitable envers les pauvres et les opprimés.

Wangrin est un personnage atypique. Même si certains de ces tours sont d’une bassesse incroyable, on ne peut pas manquer de reconnaitre la finesse de ces plans et son honnêteté malgré tout. Connaissant la culture africaine et européenne, il savait comment rallier quelqu’un à sa cause.

Bien mal acquis ne profitant guère, Wangrin n’a pas pu jouir indéfiniment de sa richesse accumulée, il a fini ruiné. C’était un monsieur avec son propre code de vie auquel il se conformait. Il ne s’agit aucunement de dire si oui ou non il fut un modèle à suivre mais il a le mérite d’avoir été lui-même aussi bien dans sa vie de faste que dans sa vie de dénuement.

Inspiré de faits authentiques, j’ai eu du plaisir à lire ce roman « L’étrange destin de Wangrin ». Wangrin regroupe en lui les contraires et on ne peut s’empêcher de le suivre avec intérêt dans les différents stratagèmes qu’il élabore. On y apprend beaucoup sur certaines pratiques de l’époque coloniale, le mode de vie, le syncrétisme présent dans la société africaine au début du XXe siècle. Beaucoup d’adages et contes sont  également racontés pour une belle mise en scène.

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